Nos coups de cœur en France et dans le monde
On pense souvent au lieu avant de penser à la destination. On ouvre quinze onglets, on compare des hôtels, des domaines, des villas, des salles de réunion, puis seulement après on se demande où l’on est réellement en train d’envoyer cinquante personnes.
Je crois qu’il faut parfois faire exactement l’inverse.
Où voulez-vous aller, et surtout pourquoi ?
La réponse peut être terriblement pragmatique. Vous avez des équipes à Paris, Londres et Berlin, donc il vous faut une destination accessible sans transformer le séminaire en correspondance ferroviaire géante. Mais elle peut aussi être beaucoup plus ambitieuse. Vous voulez que les gens se souviennent de ce voyage dans trois ans, qu’ils découvrent un endroit où ils ne seraient probablement jamais partis ensemble, qu’ils passent en quelques heures du statut de collègues à celui de compagnons d’aventure.
Chez Naboo, nous organisons des événements un peu partout dans le monde et, forcément, nous voyageons aussi au fil des réservations. À force de voir passer des séminaires dans les montagnes, des offsites au milieu des vignes, des retraites face à l’océan et quelques projets franchement plus exotiques, on finit par développer quelques coups de cœur.
Pas un classement scientifique des « meilleures destinations du monde ». Ce serait absurde. Une destination parfaite pour un comité de direction de quinze personnes peut être catastrophique pour une convention de 400 collaborateurs.
Mais il existe des endroits qui donnent immédiatement des idées.
Et puisqu’il faut bien commencer quelque part, commençons chez nous.
Les Alpes françaises, le choix presque trop évident
La montagne a longtemps traîné derrière elle une image très hivernale : chalet, ski, fondue et quelques collègues qui découvrent beaucoup trop tard qu’ils avaient surestimé leur niveau sur une piste rouge.
Cette vision est en train de changer.
Les Alpes sont redevenues une destination extrêmement intéressante l’été, et c’est assez logique. Randonnée, vélo, lacs, spas, grandes terrasses, activités sportives et températures souvent plus agréables que dans les grandes villes donnent aux stations une seconde saison qui fonctionne particulièrement bien pour les entreprises.
L’hiver reste évidemment une valeur sûre. Un séminaire à la montagne possède immédiatement une identité, même avant d’avoir imaginé la moindre activité. Les gens arrivent dans un environnement qu’ils n’associent pas au travail, vivent ensemble dans des hôtels ou chalets, et passent naturellement beaucoup plus de temps avec le groupe.
L’été permet presque l’inverse : on retrouve les mêmes paysages sans devoir construire tout le programme autour du ski.
C’est ce qui rend les Alpes particulièrement faciles à recommander. Elles fonctionnent pour un comité de direction qui veut s’isoler, une équipe qui veut beaucoup bouger, ou un groupe qui cherche simplement quelques jours loin de la ville.

Dans les lieux que nous voyons passer, le Domaine de Pierre à Sel, en Savoie, illustre assez bien cette logique à petite échelle : trois chalets, 17 chambres, une salle de séminaire équipée, des jacuzzis, un sauna et une piscine en saison. Ce n’est pas un centre de congrès déguisé en chalet. C’est précisément l’intérêt.
Je choisirais les Alpes lorsque le but est de vraiment sortir l’équipe de son quotidien sans transformer l’organisation en expédition internationale. Et surtout lorsque l’on veut une destination capable de fonctionner à plusieurs moments de l’année.
Il existe peu d’endroits où une même équipe peut revenir en janvier pour skier puis en juin pour marcher, pédaler ou déjeuner dehors sans avoir l’impression d’avoir organisé deux fois le même séminaire.
La Provence et le Verdon, pour ralentir sans s’ennuyer
Descendons un peu.
Il existe une raison assez simple pour laquelle la Provence revient aussi souvent lorsqu’on parle de séminaires. Elle réussit à combiner énormément de choses que les organisateurs cherchent généralement à assembler eux-mêmes : du soleil, du patrimoine, une vraie culture gastronomique, de la nature et suffisamment d’activités pour remplir plusieurs journées sans devoir inventer un programme artificiel.
Autour du Luberon et des Gorges du Verdon, l’intérêt est encore plus évident. Une matinée de travail peut réellement être suivie d’une randonnée, d’une sortie à vélo ou d’un moment sur l’eau sans que l’activité ressemble à la ligne « team building obligatoire » d’un planning.

À Gréoux-les-Bains, par exemple, Villa Castellane se trouve entre le Luberon et le Verdon, à environ 45 minutes d’Aix-en-Provence. L’hôtel dispose de 60 chambres, trois salles de séminaire, un restaurant et un spa, tandis que les environs permettent de construire des programmes autour du vélo, du Verdon et des paysages provençaux.
C’est une destination que je trouve particulièrement pertinente pour les équipes qui veulent garder une vraie partie de travail dans leur séminaire sans donner l’impression d’avoir simplement déplacé leur bureau dans un hôtel.
La Provence ralentit naturellement le rythme.
Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
Pas pour travailler moins, mais pour arrêter de confondre vitesse et efficacité pendant deux jours.
Le Bassin d’Arcachon et la côte landaise, parce que la mer règle déjà une partie du programme
Il y a une règle assez pratique dans l’événementiel : lorsqu’une destination possède déjà une forte identité, vous avez beaucoup moins besoin de surproduire le séjour.
Le Bassin d’Arcachon, le Cap Ferret et plus largement la côte landaise en sont un très bon exemple.
Vous avez l’océan, les pins, les villages, les pistes cyclables, la gastronomie locale et suffisamment d’activités nautiques pour occuper les plus sportifs sans condamner les autres à passer trois heures dans une combinaison en néoprène.

Au Domaine du Ferret, à Lège-Cap-Ferret, les équipes disposent par exemple de 90 lodges, de quatre salles de séminaire et d’un spa de plus de 1 000 m². Le lieu propose aussi du vélo, du yoga et des activités autour du Bassin et de l’océan.

Plus au sud, Seignosse offre une autre lecture de cette même destination. Les retours clients que nous avons sur Les Maisons Ocean Shelter parlent notamment du confort des chambres, de la qualité de la restauration et de la disponibilité des hôtes.
Je choisirais cette partie de la France pour un séminaire où la cohésion compte autant que le contenu professionnel.
Parce qu’ici, une partie de la cohésion se fait toute seule. Au petit-déjeuner, sur un vélo, en marchant vers la plage, autour d’un dîner qui dure un peu trop longtemps.
Et c’est souvent mieux ainsi.
La Toscane, probablement l’une des meilleures réponses européennes au mot « offsite »

Sortons maintenant de France.
La Toscane est presque trop facile à vendre.
Vous prenez des collines, des vignes, des villages médiévaux, Florence, Sienne, des villas en pierre, une gastronomie que personne ne contestera sérieusement et suffisamment de soleil pour que les réunions puissent assez vite migrer vers une terrasse.
Mais derrière la carte postale, il existe de vraies raisons pour lesquelles la région fonctionne bien pour un séminaire.
D’abord, les lieux. La Toscane possède énormément de propriétés qui ont une personnalité propre : anciennes fermes rénovées, villas privées, monastères, domaines au milieu des vignes. Pour une petite retraite de direction comme pour un offsite plus large, le lieu devient facilement une partie de l’expérience plutôt qu’un simple hébergement.
Ensuite, l’accessibilité. Florence et Pise disposent d’aéroports internationaux, ce qui permet de faire venir plusieurs équipes européennes sans basculer immédiatement dans le long-courrier.
Enfin, les activités ont l’immense avantage d’être liées à la destination. Dégustations de vin ou d’huile d’olive, cours de cuisine, chasse à la truffe, vélo dans le Val d’Orcia : on découvre la région au lieu de lui plaquer un team building générique.
Le Chianti est évidemment parfait pour les domaines viticoles. Le Val d’Orcia donne exactement les paysages de routes bordées de cyprès que tout le monde imagine lorsqu’on prononce « Toscane ». Sienne, avec la Piazza del Campo et son centre historique, fonctionne très bien pour introduire davantage de culture dans le programme.
Je choisirais la Toscane pour une équipe européenne qui veut un voyage dépaysant sans complexité démesurée, et surtout lorsque les repas et les moments informels doivent avoir autant d’importance que les sessions de travail.
Une réunion stratégique le matin et des pâtes préparées avec un chef local l’après-midi, j’ai connu des agendas moins convaincants.
Les Canaries, le joker quand vous avez besoin de soleil au mauvais moment

Puis arrive ce fameux moment de l’année où tout le monde veut organiser un événement au soleil alors que l’Europe a collectivement décidé de passer en mode pluie horizontale.
Les Canaries deviennent alors extrêmement intéressantes.
L’archipel a un avantage presque déloyal : un climat subtropical, environ 2 800 heures d’ensoleillement par an selon les données reprises dans notre guide, et des températures douces même en hiver.
Mais réduire les Canaries au soleil serait dommage.
À Tenerife, vous pouvez passer d’une plage de sable noir aux forêts de pins puis aux paysages presque lunaires du Teide, dont le sommet atteint 3 715 mètres. Les îles disposent en parallèle d’une infrastructure hôtelière très développée, avec de grands resorts capables d’accueillir des groupes importants et des établissements beaucoup plus intimistes.
Le côté pratique compte aussi. Tenerife possède deux aéroports internationaux, les principales îles sont bien reliées à l’Europe, l’archipel est en territoire espagnol et utilise l’euro.
Et une fois sur place, vous avez largement de quoi sortir de la piscine de l’hôtel : randonnée autour du Teide, forêt de Garajonay à La Gomera, dunes de Maspalomas, vieilles rues de La Laguna, tubes volcaniques à Lanzarote ou excursions en 4x4.
Pour moi, les Canaries sont particulièrement pertinentes pour un kick-off entre novembre et mars, ou pour une équipe européenne assez large qui veut donner une vraie impression de voyage sans prendre les contraintes d’un long-courrier.
Le meilleur argument est finalement très simple : dîner dehors en janvier sans avoir construit tout son événement autour d’un pari météorologique.
Tulum, lorsque le voyage doit devenir une partie de la récompense

À partir de Tulum, on change clairement de catégorie.
On n’est plus dans le choix le plus simple. On est dans le choix qui doit avoir une raison.
Faire traverser l’Atlantique à une équipe pour deux workshops et un cocktail n’a évidemment aucun sens. En revanche, pour un incentive important, une célébration, une retraite de leadership ou un événement destiné à vraiment marquer une étape dans la vie de l’entreprise, Tulum offre quelque chose que l’on retrouve difficilement en Europe.
La destination fonctionne sur un mélange assez rare : mer des Caraïbes, jungle du Yucatán, sites mayas, cénotes et une importante offre d’hôtels et de retraites tournés vers le bien-être.
Elle permet surtout d’organiser des journées très différentes. Un matin peut commencer par du yoga face à la mer, continuer par une session de travail, puis se terminer dans un cénote ou sur un site maya. Les documents de destination mettent notamment en avant les ruines de Tulum, Gran Cenote, la réserve de Sian Ka'an et les ruines de Cobá.
Pour les activités collectives, on retrouve aussi vélo dans la jungle, kayak, visites de sites mayas et tyrolienne au-dessus de la canopée.
Il faut cependant être clair : je ne choisirais pas Tulum simplement parce que les photos sont belles.
Plus la destination est lointaine, plus le contenu de l’événement doit justifier le déplacement. Il faut prévoir suffisamment de temps sur place, accepter un budget de transport supérieur et surtout ne pas remplir le programme au point que les collaborateurs voient davantage leur salle de réunion que le Mexique.
Si vous allez jusque-là, faites-en un voyage.
Le Colorado, la montagne en version américaine

Le Colorado est intéressant parce qu’il reprend une partie des raisons qui rendent les Alpes françaises si pertinentes, puis les pousse dans une autre dimension.
Vous avez Denver comme point d’entrée, puis les Rocheuses, les grands resorts et une culture outdoor extrêmement présente. Selon le type de groupe, on peut organiser un séjour très sportif, beaucoup plus orienté bien-être ou une retraite de direction assez isolée. Les infrastructures permettent aussi bien d’accueillir une dizaine de dirigeants qu’un groupe de plusieurs centaines de personnes.
L’été, les possibilités vont du rafting à l’équitation, l’escalade, la pêche ou la randonnée. L’hiver, ski, raquettes et chiens de traîneau prennent naturellement le relais.
C’est une destination qui a particulièrement du sens pour les entreprises disposant déjà d’équipes aux États-Unis ou pour un offsite international où l’on souhaite éviter les grandes villes américaines classiques.
L’intérêt est le même que dans les Alpes : le paysage fait partie du programme.
On peut terminer une session de travail et être dehors quelques minutes plus tard, sans devoir commander trois bus pour rejoindre l’activité.
Et ce détail compte beaucoup plus qu’il n’en a l’air lorsque vous organisez plusieurs jours pour un grand groupe.
La bonne destination commence finalement par une question assez peu glamour
Après toutes ces plages, montagnes, vignes et piscines, il faut malheureusement revenir quelques minutes à la réalité.
Où vivent vos participants ?
Parce qu’une destination merveilleuse peut devenir un choix médiocre si elle impose trois correspondances à la moitié de l’équipe.
Avant de tomber amoureux d’une photo, je regarderais donc toujours la carte des départs. Si 80 % de vos collaborateurs sont en France, l’Europe permet déjà énormément de choses. Si votre équipe est répartie entre Londres, Paris, Berlin et Madrid, une destination avec plusieurs connexions directes prend beaucoup de valeur. Si vos collaborateurs viennent de plusieurs continents, le choix doit presque commencer par un aéroport avant de finir par un hôtel.
Il faut ensuite regarder la saison. Les Alpes n’offrent pas le même séjour en janvier et en juillet. La Toscane en plein mois d’août ne raconte pas exactement la même histoire qu’au printemps. Les Canaries deviennent particulièrement séduisantes lorsque le reste de l’Europe commence à chercher ses manteaux.
Puis vient le but réel du voyage.
Pour une réunion de direction très concentrée, je choisirais volontiers une villa toscane ou un chalet dans les Alpes. Pour un kick-off européen en hiver, les Canaries sont difficiles à battre. Pour une équipe qui a besoin d’air, le Bassin d’Arcachon ou le Verdon suffisent largement sans passer une journée dans un avion. Pour une récompense exceptionnelle, Tulum commence à avoir du sens.
C’est aussi pour cela que je me méfie des classements de destinations.
Une destination n’est jamais « la meilleure ».
Elle peut simplement être parfaitement adaptée au moment que votre entreprise essaie de créer.
Chez Naboo, les réservations nous font voyager un peu partout, et notre propre guide part d’ailleurs de cette idée simple : un bon offsite commence d’abord par la bonne destination.
Le lieu viendra ensuite.
Et parfois, choisir d’abord le point sur la carte est précisément ce qui permet de trouver le lieu auquel vous n’auriez jamais pensé.
